Autostop au Laos, quand on aime…

Autostop au Laos, quand on aime…

Après notre passage de quelques jours dans le nord du Laos (cf. De Nong Khiaw à Mueng Ngoi) nous décidons d’accélérer légèrement le rythme afin de suivre les conseils de nos amis que nous avions retrouvé à Chiang Mai (cf. La magie de Chiang Mai) et ainsi avoir le temps de faire les boucles en scooter de Thakek (cf. La Thakek Loop en scooter) et Paksé (cf. Au coeur du plateau des Bolovens). Nous entamons donc la marche inverse en prenant le bateau de muong Noi a Nong Khiaw puis le bus pour rejoindre Luang Prabang (cf. En Slow Boat vers Luang Prabang). Nous décidons le lendemain d’entamer notre descente vers le sud en essayant le stop pour la première fois en Asie direction Vang Vieng. Et oui nous accélérons le rythme mais les bonnes habitudes ne se perdent pas si facilement (cf. Levé de pouce en Tasmanie – une affaire de stop). Chez Tripatouille, quand on aime on ne compte pas.

Bobby Bobby everywhere !!!

Nous sortons de la ville à pied sous la chaleur écrasante du début de journée, après plus d’une heure nous arrivons à un endroit que nous considérons comme stratégique. Situé à la sortie de la ville, suffisamment de visibilité pour que les automobilistes aient le temps de prendre une décision et un espace permettant de s’arrêter. Au bout de dix minutes nous commençons à douter, non pas que nous sommes trop impatients mais parce que nous recevons peu de regard d’approbation. Beaucoup sont interloqués et d’autres nous font des signes montrant leur refus de nous prendre en stop avec un air choqué. Cinq minutes plus tard toutes nos craintes s’envolent. Nous voyons deux gros 4×4 noir s’approcher, nous agitons notre panneau et le premier freine brutalement manquant de peu de renverser un scooter. Nous courons à leur rencontre et sommes accueillis par deux gaillards parlant un anglais plus qu’approximatif. Nous faisons la connaissance de Leï et Chaï qui traversent le pays régulièrement pour leur travail.

DSC00108 Ils sont suivis par deux autre de leur collègues Mak et Tik avec qui nous ferons connaissance grâce à la radio permettant de communiquer entre les voitures. L’ambiance est bon enfant mais le dialogue est rendu difficile par leur niveau d’anglais et notre niveau de laotien se limitant à 4 ou 5 mots. Ce qui est drôle ce que nous sentons une certaine fierté chez eux à trimballer les petits français. Lors d’une pause nous aurons le droit à une séance photo avec nos nouveaux amis.

Après trois heures de routes assez mouvementé nous arrivons dans le centre de Vang Vieng et leur demandons de s’arrêter devant la première Guest-house. Nous leur disons aurevoirs et nous apprêtons à partir quand nous voyons qu’ils s’arrêtent tous pour une pause et nous propose de venir manger un truc avec eux. Nous acceptons volontiers et enchainons les bières au même rythme qu’eux, c’est à dire très rapidement. L’alcool aidant nous sortons le ukulélé et chantons avec eux du Bob Marley qu’ils connaissent en version Laotienne. Un moment surnaturel avec la pluie battante dans un boui-boui puant le barbecue. Nous nous amusons beaucoup mais après une quinzaine de bouteilles de bières et la fin de l’orage nos nouveaux copains reprennent la route pour Vientiane en nos promettant de nous revoir bientôt.

Une ville bien particulière 

Vang Vieng est le rendez-vous des fêtards, et ça se voit très vite quand on arrive dans la ville. La grosse attraction est le tubing, c’est à dire une grosse chambre à air à laquelle on s’accroche pour descendre la rivière. Mais pour rendre ça plus fun et moins familiale, certains ont eu la bonne idée de mettre des pauses ravitaillement (comprenez alcool). Toute la journée nous voyons donc passer des tuk tuk remplies de jeunes gens en maillot de bain, totalement alcoolisés et hurlant a plein poumons devant des locaux qui semblent dépasser par les évènements. Ce qu’il faut savoir c’est que les Laotiens ne montrent pas leur corps, ils portent des pantalons même en plein soleil et la plupart du temps se baignent entièrement habillé.
Nous prenons la décision de passer notre tour et d’enfourcher des vélos à la découverte des environs. Nous empruntons un chemin très cahoteux pour aller au blue lagoon, un endroit réputé pour la baignade.

DSC00124Les paysages sur la route sont superbes, autour de nous se dessine des montagnes aux traits bruts et à la forme particulière. Apres une bonne suée nous arrivons sur place et sommes un peu déçus, le lagoon est tout petit et il en est de même pour l’espace  baignade. Mais nous nous consolons vite car étonnamment ce jour-là, le lieu est principalement visité par des locaux et l’ambiance est détendu et pousse à la détente, ce que nous faisons. Nous nous baignons en sautant de l’arbre qui trône sur le bord de l’eau ou encore en jouant à Tarzan avec la corde que tout le monde s’arrache.

DSC00127Nous restons un long moment avant d’entamer le chemin du retour et la dizaine de kilomètres qui nous ramène à notre Guest-house. Nous resterons deux jours dans cette ville qui ne nous a pas du tout conquise avant de retenter le stop pour la capitale du Laos.

Vientiane a pleine balle

Au bout de seulement vingt minutes nous sommes embarques par un jeune couple dans un 4×4 rutilant filant a une allure folle sur les petites routes de campagnes. Le conducteur aime se faire appeler « fast and serious » en référence au navet cinématographique sur les courses de voitures. Nous comprenons vite son surnom, il est effectivement assez sérieux et concentre sur sa conduite, mais ne doit pas avoir les même règles que nous. Il roule à pleine vitesse sans même sembler ralentir dans les villages, il double les camions sans visibilité et force les voitures à le laisser passer. Son amie avec qui il compte se marier prochainement s’appelle Pupee, prononcez poupée, et nous dit avec un air enjoué : « Je suis la poupée ». Quand nous lui demandons ce qu’elle fait dans la vie elle nous répond qu’elle est chanteuse et d’après les dire de son futur mari nous comprenons qu’elle est célèbre.

DSC00135 Ils font une pause et insiste pour nous payer un très mauvais café que nous ne pouvons refuser. Nous comprenons en discutant avec eux, qu’ils sont issus de la bourgeoisie et que travailler et gagner de l’argent n’est pas leur principal souci car papa a un gros portefeuille. Encore une fois ils sont ravis d’avoir rencontré des français et nous avons droit à la désormais traditionnelle pause photo devant la voiture. Ils nous déposent à Vientiane devant un hôtel bon marche ou nous resterons quelques jours.

Décrire la vision que nous avons eue de cette ville s’avère complique. Nous avons tenté de nous balader dans le centre-ville mais n’avons rien trouvé d’intéressant. Nous nous sommes renseignés en ligne pour trouver des informations et avons demandés aux autres backpackers ce qu’il fallait y faire et toujours la même réponse nous a été donnée : « Allez ailleurs, c’est une ville de transit, il n’y a rien à y faire, c’est moche… »

Nous ne cherchons pas plus loin et décidons de passer notre chemin vers deux boucle de scooter que nous attendons avec une grande impatience tant leurs charmes nous a été contes. Nous empruntons le bus local pour Thakek en étant assis à cote d’un gamin qui ne pourra s’empêcher de pleurer à chaque fois qu’il croisera mon regard, et ce pendant les huit heures de trajets. Cette petite semaine de voyage ne restera pas inoubliable pour les paysages mais le souvenir de cette descente en stop ou nous avons rencontré des Laotiens reste grave comme un souvenir de voyage magique et impérissable.

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